Rapport Attali: des "idées qui risquent de déstabiliser la société
française" (Bayrou)
PARIS, 23 jan 2008 (AFP) - François Bayrou a identifié mercredi dans le
rapport Attali sur la croissance des "idées qui risquent de déstabiliser la
société française", comme la relance de l'immigration ou la libéralisation
de la grande distribution.
La relance de l'immigration "pourrait économiquement avoir des effets
bénéfiques, mais ces effets risquent de se heurter à une déstabilisation
supplémentaire de la société française, et au bout du compte, à de graves
déséquilibres dans le pays", a déclaré à l'AFP le président du Mouvement
démocrate (MoDem).
Concernant la libéralisation de la grande distribution, M. Bayrou a souligné
que "si ça tue le commerce de centre-ville, c'est la société française qui
va être fragilisée".
"La France a vécu avec un certain nombre de professions qui maillaient le
territoire national et qui participent de notre équilibre de société",
a-t-il ajouté. "Je n'arrive pas à croire que les notaires et pharmaciens
soient les responsables de l'absence de croissance de la France".
Le député des Pyrénées-Atlantiques a enfin espéré que la proposition de
suppression des départements serait bien écartée car elle "ignore tout de la
réalité de la France profonde".
"Beaucoup de ces mesures apparaissent comme négligeant la société française,
qui a besoin qu'on la renforce, qu'on la soutienne et qu'on la ménage, et
pas qu'on la gouverne uniquement par des mesures dont beaucoup sont
idéologiques", a-t-il dit.
M. Bayrou a cependant trouvé dans le rapport des mesures "souhaitables", qui
concernent "l'éducation, la formation, la recherche, la connaissance", la
"gouvernance de l'Etat" ou "l'amélioration des infrastructures".
Mais certaines d'entre elles constituent "des voeux pieux", a-t-il souligné,
citant la proposition que tout élève maîtrise avant la fin de la sixième le
français, la lecture, l'écriture, le calcul, l'anglais, et l'informatique.
C'est "très loin de la réalité tant qu'on ne passe pas à des travaux
pratiques très exigeants en termes de suivi et de moyens", a souligné
l'ancien ministre de l'Education.

















Commentaires