
photo Patrick BRUCH
Samedi 17 Février 2007, au Sénat, salle Médicis des rencontres culturelles se sont déroulées en toute sérénité, des débats avec des intervenants venant des tous les horizons politiques, chacun venant exposer son point de vue sur les problèmes liés aux domaines culturels.
Trois questions étaient posées:
-Quelle place pour la culture dans l'action publique?
-L'artiste dans la société.
-Transmettre la culture.
Quelle place pour la culture dans l'action publique?
Avec la décentralisation et l'investissement croissant des collectivités territoriales dans le domaine culturel, la place de l'Etat est à repenser. Une redéfinition des rôles de chacun, de la place de l'Etat , de ses compétences et de leur articulation avec celles des collectivités locales est nécessaire. Elles conduit aussi à s'interroger sur les moyens renouveler les financements de la culture qui vivent une crise sans précédent en trouvant un équilibre entre la liberté de création et la pluralité des financements publics et privés.
L'Artiste dans la société.
Il est esentiel de donner la parole aux artistes et de reconnaître l'importance de leur rôle fondateur dans l'évolution de la société. Néanmoins, il faut garder présent à l'esprit que la précarité reste une constante de leur vie.
Les impératifs économiques amènent trop souvent la gestion culturelle administrative à prendre le pas sur la gestion artistique, or en aucun cas elle ne devrait la supplanter.
Transmettre la culture.
Le malaise de la culture et de sa transmission est de plus en plus sensible en France. Il y a une véritable fracture culturelle.
L'échec constaté de la démocratie culturelle est-il le résultat de l'insuffisance de la promotion culturelle, de la pauvreté des contenus, de l'absence de renouvellement du public? Il devient maintenant urgent de repenser les "outils" culturels pour espérer toucher un nouveau public, et de s'intéresser trés sérieusement aux conséquences de la révolution numérique sur les pratiques culturelles.
Dans ces conditions, transmettre la culture serait-il devenu un véritable défi?
Les interventions des artistes parlant avec leur coeur, ont exprimés à la fois leurs besoins, leurs aspirations sur ce que doit être le rôle de l'état ans la vie culturelle.
J'ai retenu pour ma part les propos de Monsieur Alain Poirier (directeur du conservatoire national supérieur de musique de Paris) qui a décrit la part importante des conservatoires municipaux dans l'éducation artistique.il a souligné le rôle essentiel apporté par les professionnels dans la transmission de la technique. Depuis quelques années il y a une dérive qui consiste à laisser croire que la musique puisse être enseigner par des professeurs, certes diplômés mais sans lien avec la profession.
A ce moment j'ai pensé au conservatoire de Gagny et de ce qui s'est passé l'été dernier. Mais j'y reviendrais, car ce qui se passe à Gagny n'est hélas pas un cas unique - ce qui n'est pas rassurant, mais qui est fréquent dans des municipalités UMP-
François Bayrou :
"Nous n'avons jamais eu autant besoin de lien social et reprenant un exemple d'expérience d'Anne Queffelec (pianiste) à la sortie d'un concert d'enfants qui ont joué un Requiem de Mozart, ceux là n'ont sûrement pas envie d'aller brûler des voitures."
"La culture est au coeur de notre projet de société, elle ne doit pas être liée aux contingences de la société marchande."
"Dans notre projet de société tout n'est pas marchand: l'éducation n'est pas marchand, la culture n'est pas marchand, ce projet de société est un projet de résistance, résistance chez nous, mais aussi résistance internationale, au moins dans l'univers occidental"....
"La culture ne doit pas être entièrement d'Etat, ni entièrement marchand"
Aprés un plaidoyer sur la liberté d'expression (affaire Duhamel), François Bayrou est revenu sur la place des artistes dans la vie culturelle. Il a plaider pour des Etats Généraux de la culture avec les professionnels concernés.
En fait il a repris ce qu'il disait à Bordeaux pour l'ensemble des secteurs de l'économie:"Je souhaite que la France reconstruise la légitimité de la société face à celle de l'Etat. Les historiens savent que ce chapitre remonte à l'époque de la Révolution française. La loi Le chapelier qui supprima toutes les corporations, fut institués par les jacobins. Cette loi fut la colonne vertébrale de l'esprit sociétal français pendant deux siècles; L'Etat en haut , le citoyen solitaire en bas. Je souhaite que l'on reconstruise l'architecture qui liait les deux parties; Nous devrions retrouver les corps intermédiaires. Reconnus. Organisés. Capables d'exprimer en face de l'Etat la compétence des citoyens. La volonté, l'expérience par exemples des professionnels, par exemple des indépendants et des chefs d'entreprise. Tous ceux qui n'ont pas ou plus à recevoir de leçon de l'Etat en matière d'initiative, en matière de métier, en matière de vie."
Pour être complet François Bayrou a donné des pistes pour résoudre la situation des intermittents, et a évoqué le lourd sujet des droits sur les copies privées dans le domaine de l'audiovisuel, (téléchargements).
Le projet pour la culture de François Bayrou s'inscrit dans la ligne de celui des ministres de la culture qui ont marqué ce domaine, il a cité: André Malraux, Jacques Duhamel, sans lequel les "chantiers" lancés par le premier seraient tombés dans l'oubli, et bien sur Jack Lang.
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