UDF-GAGNYhttp://www.udf-gagny.org/2006-11-06T21:08:19Zover-blog.com Atom 1.0 Generatorhttp://accel6.fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.pnghttp://www.udf-gagny.org/article-21245823.htmlMort de Bronislaw Geremek2008-07-15T09:50:09Z2008-07-15T09:44:00ZMoDemhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-29873.html
Marielle de
Sarnez: "un inlassable combattant des libertés et un ardent partisan de la réunification européenne."
"De Bronislaw Geremek, dont j'apprends aujourd'hui avec grande tristesse le décès accidentel, je garderai le souvenir d'un inlassable combattant des
libertés et d'un ardent partisan de la réunification européenne. Tant son rôle courageux dans la lutte pour l'indépendance de la Pologne que sa contribution majeure à la réussite de
l'élargissement de l'Union européenne en font un personnage marquant de l'histoire contemporaine. Ce grand humaniste manquera à la Pologne et à l'Europe".
http://www.udf-gagny.org/article-21134626.htmlInterview de François Bayrou2008-07-10T14:15:05Z2008-07-10T14:06:00ZMoDem-http://www.over-blog.com/profil/blogueur-29873.html
10 juillet 2008
François Bayrou : «Sarkozy est le
porte-parole d'un clan»
François Bayrou était interviewé par Rodolphe Geisler pour Le Figaro ce jeudi 10 juillet.
LE FIGARO. - Quel jugement portez-vous sur la première année de la présidence Sarkozy ?
François BAYROU. - Le déficit français qui était en mai 2007 de 40 milliards d'euros - c'était déjà trop - est en mai 2008, après exactement un an de pouvoir, de 50
milliards. C'est très mauvais signe. Deuxièmement, jour après jour, on attaque tout ce qui charpentait solidement la société française, les fondations du modèle français. En une
semaine, on a eu une série d'attaques blessantes contre l'armée, non seulement des mots très durs et offensants, mais une enquête de contre-espionnage pour identifier des officiers
généraux qui ont livré au Figaro une analyse critique du livre blanc ! À ce compte, qu'aurait-on fait au colonel de Gaulle en 1938 ? Le lendemain même, l'annonce d'un plan sans
précédent de prise de contrôle de l'audiovisuel, l'arrêt des recettes publicitaires dirigées vers les chaînes privées et la décision de nommer le président de France Télévisions par
le pouvoir. Enfin, le ricanement humiliant pour les syndicats et les grévistes… Or l'armée, les syndicats, le service public, tout cela c'est la France, et c'est cela qu'on humilie.
Dangereusement.
LE FIGARO. - Pourquoi avoir voté contre la loi de modernisation économique ?
François BAYROU. - Pour les cadres, augmenter de dix-sept jours supplémentaires la norme de temps de travail, alors que le stress, la pression sont de plus en plus
lourds, je suis sûr qu'ils le ressentent comme un choc et une déloyauté. En même temps, le manquement à la parole de l'État envers les partenaires sociaux est grave pour l'avenir. Je
dis non.
LE FIGARO. - Nicolas Sarkozy préside l'UE. Approuvez-vous ses priorités ?
François BAYROU. - Nicolas Sarkozy a dit samedi «Je suis président de la République et président de l'Europe». C'est un abus de langage et un enfantillage. A-t-on
jamais entendu, dans les six mois précédents, Janez Janša, premier ministre de Slovénie, se présenter comme président de l'Europe ? Ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui préside l'Union
pour six mois, c'est la France qui a la responsabilité d'animer les institutions européennes. Les quatre «priorités», environnement, immigration, PAC et armement, méritent d'être
soutenues, bien sûr. Mais la question principale, à mes yeux, c'est l'éloignement, la fracture, entre les peuples européens et les institutions, les peuples et les dirigeants.
LE FIGARO. - Que devrait donc faire Nicolas Sarkozy ?
François BAYROU. - Répondre en termes simples et compréhensibles aux questions qui éloignent les peuples d'Europe de la gestion de l'Union. J'ai été frappé du
référendum irlandais. Il y avait deux phrases qui revenaient tout le temps : la première, c'était «on n'y comprend rien»… Et c'est vrai que le traité prétendument simplifié est cent
fois plus compliqué que le texte Giscard ! Et la seconde phrase, c'était «un petit pays comme nous, on va se faire bouffer…». Tous les peuples, y compris le nôtre, ont cette crainte
de perdre leur identité et la maîtrise de leur destin. Or l'Europe, c'est le contraire, c'est fait pour protéger nos identités et notre destin.
LE FIGARO. - Les Vingt-Sept ont donné lundi à Cannes leur feu vert au plan français sur l'immigration. N'est-ce pas une première victoire de la présidence
française ?
François BAYROU. - Je vous le dirai quand nous aurons les textes définitifs, s'ils arrivent, à l'automne. En attendant, en France, le rapport Mazeaud porte un
jugement incroyablement dur sur les politiques de quotas, qui n'ont réussi dans aucun pays dans le monde. Je suis pour une politique de prise en compte des immigrés qui s'intègrent,
notamment par le travail.
LE FIGARO. - L'UMP entend maintenir un référendum avant l'adhésion de la Turquie. Y êtes-vous toujours opposé ?
François BAYROU. - Vous savez les réserves que je n'ai cessé d'exprimer sur l'adhésion de la Turquie. Mais on ne peut pas, on ne doit pas, demander à un peuple de
rejeter un autre peuple. Imaginez l'offense et donc les risques…
LE FIGARO. - Que pensez-vous du projet d'Union pour la Méditerranée ?
François BAYROU. - Je ne sais pas ce que c'est ! Quarante-quatre pays devraient y être associés. Quand on voit les difficultés de l'Europe à 27, imaginez à 44 ! Pour
l'instant, cela m'apparaît largement comme de la communication…
LE FIGARO. - Êtes-vous choqué par la présence de Bachar el-Assad le 14 Juillet ?
François BAYROU. - Il y a trois semaines à peine, à Beyrouth, on assurait aux Libanais : «Les coupables des assassinats seront punis»… Et le 14 Juillet, à Paris, on
va apporter au dirigeant syrien la reconnaissance internationale et son plein retour dans le jeu des nations ! Et cela sans qu'il y ait eu l'expression du moindre regret ou du moindre
changement de ligne.
LE FIGARO. - Approuvez-vous le fait que le président parle devant l'UMP ?
François BAYROU. - On ne devrait pas accepter cela. Le président de la République cesse d'être le président de tous les Français dès l'instant qu'il s'affiche comme
chef de parti. Au lieu d'être l'homme de la nation, il se fait le porte-parole d'un clan. Il n'est plus la figure du rassemblement et de la réconciliation. Il devient une figure
d'affrontement et de fracture. C'est la fonction elle-même qui est ainsi mise en cause.
LE FIGARO. - Tout cela pourrait-il vous conduire à faire alliance avec le PS ?
François BAYROU. - Pour proposer au pays un destin autre que celui vers lequel on l'amène, il faudra des alliances larges. Les
socialistes sont aujourd'hui devant de grandes difficultés de ligne et aussi de leadership. Donc, pour l'instant, ils s'enferment. Mais un jour, ils seront bien obligés d'ouvrir les
yeux. Je pense aussi aux gaullistes. Ils vont vivre le choc du retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan et le renoncement de ce qui faisait, symboliquement,
l'originalité de la France dans le monde. Un jour, tous ceux-là se ressaisiront. Ce n'est plus pour moi affaire de partis ou de courants. C'est la France qui est bouleversée dans sa
vocation historique, et je connais notre pays : dans ses profondeurs, il ne l'acceptera pas. En tout cas, c'est mon engagement.
LE FIGARO. - N'y a-t-il pas des réformes qui trouvent grâce à vos yeux ?
François BAYROU. - Bien sûr que si ! La décision sur le contrat de travail, l'intéressement, même les heures supplémentaires, tout ce que j'ai défendu hier, je
l'approuve aujourd'hui.
LE FIGARO. - Jean Arthuis a réuni vingt et un parlementaires centristes. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
François BAYROU. - Quand on vit des moments historiques, et je crois que c'est le cas, il y a toujours des gens pour grenouiller, manœuvrer avec l'espoir de se
retrouver dans les petits papiers du pouvoir. Et aller chercher comme égérie Christine Boutin, il fallait le trouver ! Ils se disent «centristes». Pour moi, je ne crois au centre que
s'il est indépendant, courageux, rebelle, visionnaire. Toute autre attitude conduit à l'inexistence et au dérisoire.
LE FIGARO. - Que pensez-vous des déclarations de Ségolène Royal qui fait un lien entre le cambriolage de son appartement et sa dénonciation du «clan Sarkozy»
?
François BAYROU. - Franchement, je n'en pense rien
http://www.udf-gagny.org/article-20947017.htmlINGRID BETANCOURT ENFIN!2008-07-03T10:40:08Z2008-07-03T10:33:00ZMoDemhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-29873.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/48/35/77/ingrid_betancourt.jpg" />2 juillet 2008
François Bayrou: "une incroyable aurore après une si longue
nuit."
François Bayrou a salué mercredi soir, après l'annonce de la
libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, "une incroyable aurore après une si longue nuit. En cet instant de libération, je pense aux enfants et aux proches d'Ingrid Betancourt.
C'est pour eux, si cette nouvelle est confirmée, la fin d'un calvaire, une incroyable aurore après une si longue nuit. Cela va rendre des millions de personnes heureuses, en tout cas en France,
tant Ingrid Betancourt avait pris le visage du martyr innocent, victime de forces sans pitié. Il faut en même temps remercier ceux qui ont pris la responsabilité et le risque de l'opération qui a
libéré ces otages. Ce n'était pas une décision facile à prendre et la détermination du gouvernement colombien doit être saluée."
http://www.udf-gagny.org/article-20945937.htmlELECTIONS DEPARTEMENTALES2008-07-03T10:00:16Z2008-07-03T09:53:00ZMoDem-GAGNYhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-29873.html
Marylise Martins s'engage
Marylise a décidé de mener une liste à la présidence du Mouvement Démocrate départemental de Seine-Saint-Denis. Sa candidature a été annoncée dimanche 29
juin, à l'occasion d'un buffet démocrate rassemblant de nombreux adhérents, référents et élus du Mouvement Démocrate de Seine-Saint-Denis.
Plus de 150 personnes soutiennent Marylise et notre équipe, dont 24 élus de Seine-Saint-Denis :
ADDA Danièle - ADON Rodrigue - AKOPIAN Alain – ALLEGRA Alessandro - ALPHONSE Mireille - ANGOT Laetitia – DE ALMEDIA Carlos - ASSAYAG Sabrina - AUGIS Gilles –
AVELANGE Christophe – BARDIN Jocelyne - BARTHELET Jean-Pierre BAVARIN Serge – BELGUENDOUZ Talal – BENHARI Fatimzohra – BEUVE Vincent - BLANDIN Françoise - BLASSEL Sandrine – BONNET POTTEAU
Nathalie – BOUCHARD Patricck - BOUHADJILA Nahza – BOUHADJILA Saadi – Noisy le Sec - BOUHADJILA Abdellah – BOUMEDJANE Karim - BOUMEDJANE Mohamed - BOUMEDJANE Hadda - BOUMEDJANE Mouzouna -
BOUMEDJANE Robert - BOUMGHAR Mimia - BOUNAB Mourad – BOUSSEBAINE Fatima - BRUCH Claire - BRUCH Patrick – BRYON Isabelle - CAPMEIL Jean-Pierre – CAREL Pierre-Olivier - CARLESSO Jacques -
CASSISI Christophe – CAUCHY-CLE Cécile – CLAVERIE Elisabeth - DELATRE Véronique – DEL VECCHIO Nicolas - DERBOULES Lucas – DESCROZAILLES Frédéric - DEWAELE Pascal - DHESSE Diane – DJIRE
Ibrahima – DUARTE François – DUPUIS Christine – EDMOND Alain – FIALEIX Elodie – FRESLON Thierry - GAUTRAY Jacques - GIACOMINI Jérémy - GILQUIN Arnaud - GOHIER Eric - GRAZIOLI Françoise –
GUIGON Maryse - GUILHOU Evelyne – GUILLOT Bernard – GUINAULT Chantal - HAKKI Aiyham – HICQUEL Marie-Paule - HINARD Michel - HYE Muriel - HOUARI Mustapha - ISCACHE Christian - ISSADI Naima -
JEZEQUEL Jean-Baptiste – JOCHEL CHARLES Thierry - JOCHEL Toussine – KERGOAT Geoffrey – KERGOAT Yvon – KHELIFI Yamina - KOUPPE DE K/MARTIN Pascal – LARIVIERE Amandine – LAURENT Jean-Jacques
– LAURENT Stéphane – LE GOFF Erig - LE SAINT Henri - LELU Michèle - LERENARD Pierre - LESUEUR Eric – LIOTE Franck - LORENZO Frédéric – MAFRAND Anne – MAFRAND Hélène – MAFRAND Philippe –
MARCHAND Françoise – MARILLET Daniel - MAUDUIT Maryline - MEAS Yannick - MEAS Yann - MENARD Denis – MICUCCI Jérôme - MONNET Valérie - MONNIER Damien – MONNIER Vincent – MORISSE Hervé -
MOUNDANGA BLAISE – MUTH Sophie – NGOM BEBAM Luc – OCCULTI Chantal - OUDHA Nora - PAK Jean-Jacques – PAK Quiu Jun – PARDIEU Laurent – PAUPERT Pascal - PEDRO Francine – PERRINEAU Didier –
PERRUCHOT Alain - PETIJEANNIN Annie - PICHON Nicole – PILATE Gilbert - PONTONE Antoine - PRADEL Philippe - PREIRA GILBERT Cyprien - PRIMOT Mathieu – QUINET Jean-Pierre – QUINET Karine -
QUINET Laurent - REGGANI Toufik - RIVOIRE Nicole - ROUSSELOT Nathalie - SCIALOM Raphaël - SEBTI Smael - SENABRE Eric - SERRAND Alain - TAPOL Jean Louis - TESTA Richard – THARY Jean -
THIEBAUT Béatrice – THIEBAUT Bernard – TRINNOT Mathieu - URBAIN Didier-Henri - VAILLANT Philippe - VAN GHELUWE Pierre - VERDIER Joëlle - WOOLHOUSE-ODIMEWU Valia – YIAHAOUI Amar –ZARGUIT
Kkalil - ZIANE Thierry - ZRIHEN Françoise
http://www.fierdetremodem93.org/
http://www.udf-gagny.org/article-20773012.htmlLe MoDem au parlement de l'Europe2008-06-26T16:35:09Z2008-06-26T16:31:00ZMoDemhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-29873.html
Le Parlement européen s'est réuni en session plénière à Strasbourg entre le lundi 16 et le jeudi 19 juin derniers. La délégation du Mouvement Démocrate,
présidée par Marielle de Sarnez, s'est notamment exprimée sur trois sujets importants de cette session : le paquet Energie, la directive Retour et le recyclage des déchets.
Paquet Energie :
Le Parlement européen s'est prononcé en faveur de la séparation patrimoniale complète des activités de production et de transport d'électricité. Ce n'était pas l'option soutenue par le
Mouvement Démocrate, car gérer un réseau nécessite un savoir‑faire industriel. L'électricité ne se stocke pas, il s'agit de maintenir la fréquence et la tension du réseau en fonction des
demandes du marché. Or, à travers la séparation patrimoniale, la Commission n'écarte pas les risques d'une gestion spéculative ou politique du réseau.
Directive retour :
Marielle de Sarnez et la délégation du Mouvement Démocrate ont souligné cinq points clés : des mesures sérieuses de protection des mineurs afin qu'ils ne soient pas
placés dans ces centres de détention inadaptés, et qu'ils puissent avoir accès à l'éducation. L'allongement de la période de retour volontaire à minimum 4 semaines, une détention maximum de 3
mois (avec possiblité de prolonger de 3 mois maximum) ainsi que des mesures de protection pour les personnes souffrant de maladie leur permettant d'avoir accès à des soins.
Marielle de Sarnez a estimé qu'"une politique européenne en matière d'immigration est nécessaire mais elle doit concerner d'autres points que celles de l'immmigration illégale.
Il faut traiter des mesure à mettre en place pour l'immigration légale, pour l'intégration etc.... Et également essayer de rapprocher nos législations en partant du 'mieux disant', du 'plus
protecteur' et non pas comme ici du moins protecteur".
Comme ces améliorations au texte n'ont pas été soutenues par la majorité du Parlement européen, l a délégation Mouvement Démocrate n' a pas soutenu ce projet de
directive.
Recyclage des déchets Rapport Jackson :
La délégation Mouvement Démocrate est déçue par le vote intervenu aujourd'hui au Parlement européen sur une directive relative au traitement des déchets. La majorité des
eurodéputés, PS et UMP notamment, ont en effet opté pour un compromis laxiste avec le Conseil des ministres des Vingt Sept, si bien que l'amélioration du traitement des déchets, et en particulier
le recyclage risque de ne guère progresser.
Anne Laperrouze a exprimé ses regrets au nom de la délégation Mouvement Démocrate au Parlement européen à la suite du vote: "Trop de questions ont trouvé des réponses floues
comme l'incinération et les déchets dangereux au détriment de définitions précises et de garanties juridiques," a-t-elle déclaré. En moyenne un Européen produit 3,5 tonnes de déchets par an. A
l'issue de la collecte, 27% de ces déchets sont recyclés, 49% mis en décharge et 18% incinérés
http://www.udf-gagny.org/article-20677656.htmlFETE DE LA MUSIQUE2008-06-25T13:49:55Z2008-06-23T10:47:00ZPATRICK BRUCHhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-29873.html
En ce 21 juin 2008 je m'attendais à voir en plusieurs points de la ville les élèves du conservatoire montrer aux gabiniens le fruit de leur travail de
l'année.
Les auditions de fin d'année sont passées, plus de pression, c'est l'occasion de "se lacher" de prendre du plaisir à faire de la musique ensemble. C'est aussi une formidable chance de
montrer aux enfants et aux ados du même âge la satisfaction de tirer des sons harmonieux d'un instrument.
Hélàs les petits gabiniens en ont été privés, à la fois les apprentis musiciens et les autres qui ont perdu l'occasion de découvrir la pratique d'un instrument.
Il arrive un moment où il faut dire stop. Ne pas dire non aux profs qui sont attachés à leur métier, à leur passion et qui savent "eux" la faire partager.
Durant la campagne Gagny en Mouvement a fait des propositions pour que l'équipe pédagogique, l'association des parents d'élèves puissent travailler au développement des arts à Gagny, je
formule des voeux pour que des dispositions soient prises dans ce sens pour la saison 2008/2009.
Il y a des forces vives à fédérer et non à détruire.
Gagny en mouvement soutient les initiatives qui permettent la pratique artistique et à titre personnel j'approuve les actions qui, malgré les freins de petits fonctionnaires à l'esprit
étroit, vont dans ce sens.
PATRICK BRUCH
http://www.udf-gagny.org/article-20606543.htmlAU CONGRES DE CAP 212008-06-20T10:00:22Z2008-06-20T09:57:00ZMoDemhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-29873.html
L'Europe doit être faite pour protéger les identités, pour
donner du pouvoir aux citoyens et pour porter un modèle de société.
François Bayrou s'est exprimé en clôture du Congrès de Cap 21
dimanche 15 juin. Il est revenu sur le sujet européen et le "non" au référendum des irlandais. "on ne peut pas continuer à faire l'Europe sans les peuples". En revenant sur les trois craintes des
citoyens en matière d'Europe: identité, démocratie et valeur, il nous explique que tant que les citoyens auront peur qu'on leur enlève ces trois valeurs essentielles, ils voteront "non" à la
construction de l'Europe. "L'Europe doit être faite pour protéger les identités, pour donner du pouvoir aux citoyens et pour porter un modèle de société". Il aborde aussi la question de
l'énergie: "nous avons dilapidé l'héritage de la nature et nous avons désormais, non seulement un problème écologique, mais aussi un problème économique à résoudre".
http://www.udf-gagny.org/article-20312493.htmlGAGNY A LA CONVENTION POUR LES EUROPEENNES2008-06-09T23:33:25Z2008-06-09T22:55:00ZPatrick BRUCH -Mouvement Démocratehttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-29873.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/48/35/77/europe.jpg" />
Ce dimanche 8 juin 2008 le MoDem lançait ses premières tables rondes afin de construire le projet du MoDem qui sera offert aux électeurs dans un an exactement pour
l'élection du Parlement Européen.
L'équipe gabinienne était trés présente,elle a suivi avec attention les débats trés "pointus" des intervenants. Frédéric DESCROZAILLE (voir le blog: GAGNY en MOUVEMENT) a posé une question
au professeur Mazoyer sur un sujet vital: la crise alimentaire.
Nous reviendrons dans de prochains articles sur les différents sujets abordés mais je voulais dès ce soir vous informer que le MoDem entend bien aborder la question de l'Europe avec tout le
sérieux et la détermination que vous lui avez connu lors des dernières élections.
Car nous le sentons bien l'Europe n'est plus le centre d'intéret des autres partis politiques, et pourtant qu'on le veuille ou non :
"NOUS AVONS BESOIN D'EUROPE"
Le 12 juin le peuple Irlandais va se prononcer sur le traité de Lisbonne, le résultat n'est pas acquis, d'autant plus que les "nonistes" mettent en avant
des arguments aussi faux que celui annoncé dans un tract à la sortie des églises selon lequel la commission Européenne sortira un texte tendant à limiter les naissances à un enfant par foyer
comme cela peu se faire sur d'autres continents. Tous ces mensonges rappellent ceux qui étaient mis en avant lors de la campagne du référendum français, souvenez-vous du fameux " plan
B"!!!.
En politique il ne faut jamais mentir au peuple,contrairement à ce que pensent certains: le peuple a une mémoire.
http://www.udf-gagny.org/article-20312099.htmlCONVENTION EUROPE2008-06-09T22:55:34Z2008-06-09T22:48:00ZMoDemhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-29873.html
DISCOURS DE CLOTURE DE FRANCOIS BAYROU
Je suis très heureux de la manière dont cette Convention a été conduite, organisée, de la remarquable qualité des travaux, de la remarquable qualité des expressions
et j'y vois une promesse pour notre mouvement, car j'écoutais tous ceux qui parlaient et je mesurais que c'est parce que nous étions un mouvement nouveau que nous avions pu organiser ces
rencontres avec ceux qui se sont exprimés....
Le renouvellement formidable de la démarche politique qui est la nôtre a permis que viennent s'exprimer avec nous, certains je le crois pour un jour nous rejoindre,
des esprits qui jusqu'à maintenant, ne trouvaient pas leur place dans l'échiquier politique français.
Ils étaient dans l'insatisfaction et la recherche de quelque chose d'autre que nous avons commencé à construire et bâtir, c'est ce qui est en marche, et c'est pourquoi j'étais très heureux de
cette rencontre. Et je remercie Marielle de Sarnez d'avoir assuré l'organisation et l'animation de cette convention pour l'Europe et de l'avoir conclue brillamment.
J'étais hier au Liban, invité par le Président de la République, et j'ai répondu oui. Je vais vous dire pourquoi, cela a quelque chose à voir avec le sujet européen que nous traitons aujourd'hui.
J'ai répondu oui, parce que le Président de la République ayant invité les responsables des principales forces démocratiques françaises, j'ai retrouvé là une attitude que je défends depuis
longtemps qui est celle de l'unité nationale -je ne dis pas de l'union nationale- mais de l'unité nationale en face d'un certain nombre de très grands enjeux.
Pour moi, chaque fois que l'on peut saisir l'occasion de montrer que bien des affrontements politiques sont dépassables -je ne dis pas qu'ils sont sans enjeux, sans contenu, mais qu'ils sont
dépassables- je trouve que l'on fait un pas vers la construction de l'avenir de la France.
Ce que je réprouve dans la vie politique française, c'est trop souvent le face à face de deux forces dont l'une jette sur tous sujets l'anathème sur l'autre, et dont l'autre répond que la
première est la cause de tous les maux.
Je suis pour le pluralisme et je suis pour le dialogue et la discussion et la capacité de réunir des forces -c'est la première raison pour laquelle j'ai dit oui- la cohérence avec la démarche
politique que nous suivons ensemble depuis longtemps.
Il y a une deuxième raison pour laquelle j'ai dit oui, au-delà même des liens historiques qui sont ceux de la France et du Liban, c'est que ce qui se joue au Liban est d'importance
universelle.
D’abord, parce que ce projet national, complètement unique, complètement original qui consiste à faire vivre ensemble, dans une région qui est profondément intolérante, des communautés d'origine
et de religions différentes, ce projet importe à l'ensemble du Proche-Orient, à la vision universelle de la France et il importe aussi à l'ensemble de l'humanité.
Mais ce projet qui est depuis longtemps menacé par les divisions, les exclusions, les haines, les affrontements, le terrorisme, les assassinats est, de surcroît, aujourd'hui exposé à quelque
chose qui commence, dont je vais parler avec beaucoup de prudence et dont le siècle qui vient va être l'enjeu.
J'espère que l'on pourra éviter le développement de ce drame, mais un affrontement est en train de naître au sein même de l'Islam -pardon de dire les choses simplement- entre l'islam sunnite et
l'islam chiite et cet affrontement, avec le rôle de l'Iran et de la Syrie est ressenti au Liban comme étant précisément, là, à l'épicentre du tremblement de terre.
Ce qui est extrêmement frappant au Liban, c'est que, pendant très longtemps, les affrontements, les guerres et les violences, ont été entre chrétiens et musulmans et que, aujourd'hui, la plupart
des affrontements sont entre musulmans eux-mêmes. Affrontements nocturnes, incidents, violences sont entre musulmans eux-mêmes avec le sentiment que des forces extérieures sont en train de
s'installer au Liban et, quand on dit "ces forces extérieures" pudiquement, hier on parlait de Syrie, aujourd'hui, on parle de beaucoup plus loin encore et, pour parler simplement, de l'Iran.
Il m'a paru extrêmement utile, au moment où nous étions, que des responsables politiques français soient capables de faire un geste de solidarité et de soutien dans un moment qui est un moment
crucial de l'histoire du pays, le Liban, mais aussi d'une histoire beaucoup plus large et qui englobe, au-delà même du Proche et du Moyen Orient, l'enjeu d'une partie de l'humanité.
Comme vous le voyez, je parle de cet enjeu, de ce drame, de ce conflit brûlant, avec beaucoup de prudence, parce que tout le monde voit les extraordinaires implications qui sont en jeu dans cet
affrontement latent.
Je souhaite naturellement que tout soit fait pour que cet affrontement soit évité. Mais en parlant avec les responsables différents qui confiaient tous leurs inquiétudes, par exemple, sur la
manière dont la France va recevoir Bachar Al Assad les 13 et 14 juillet, il y a là beaucoup d'interrogations qui s'expriment.Et quand j'entendais ces messages, je pensais à une chose : quand vous
êtes devant des tremblements de terre de cette ampleur, qui ne sont plus des guerres de tribu, des guerres de groupes et pas même des guerres de nationalité, mais qui embrassent -et peut-être
menacent d'embraser la planète- alors il vous faut une voix politique capable de s'exprimer et de se faire entendre. Et cette voix politique n'existera pas tant que l'Europe sera à l'état de
sous-développement politique qui est le sien aujourd'hui.
Je ne crois pas du tout que cela se fera par un haut représentant de ceci ou de cela, par une apparence. Cela ne se fera pas ainsi. Cela ne se fera pas de manière technocratique.
Cela ne pourra se faire que de manière politique et j'ai beaucoup aimé ce que Jean-Luc Domenach a dit et, peut-être, certains d'entre vous aurons-il eu l'impression de l'avoir déjà entendu
pendant la campagne présidentielle. Si nous étions conséquents, nous devrions dire ceci : il est bien entendu illusoire de remplacer les diplomaties nationales par une diplomatie européenne. Cela
n'arrivera pas. Cela ne se fera pas ainsi et, même si nous l'avons cru dans notre famille politique, je crois que nous nous sommes trompés.
En revanche, ce qui est objet de construction, ce n'est pas de remplacer les diplomaties nationales par une diplomatie européenne, c'est de les additionner dans une action européenne concertée
avec chacun, ses amis, ses moyens, sa capacité d'influence et d'action, ici les Français, là les Anglais, les Allemands ou les Italiens qui peuvent se faire entendre.
Nous avons les plus grandes diplomaties de la planète si nous acceptons de les additionner et pas de les opposer.
Naturellement, cela suppose que l'Europe existe, qu'elle sorte de son désordre et de son chaos, dans lequel elle est aujourd'hui, et c'est à ce propos que je veux évidemment vous confier mon
souci et vous faire partager un sentiment de détermination.
Je veux vous parler d'abord de mon souci. J'étais hier dans l'avion de retour avec le Président de la République et tous les autres responsables, et nous nous sommes assis pour discuter ensemble
et le sujet de l'Europe est venu, à propos d'un autre sujet dont je parlerai à la fin de ce court exposé.
Il y avait, à l'égard de l'Europe, un sentiment de réserve, d'inquiétude, de réticence qui n'était pas autre chose que la traduction de l'opinion publique à l'égard même de l'idée européenne, et
Emmanuel Todd ce matin -dont je ne partage pas toutes les conclusions- a dit que si on continue ainsi, pour beaucoup de personnes, l'idée européenne sera ressentie négativement, alors qu'elle
devrait être ressentie positivement.
S'il est vrai, comme je l'ai dit à propos de ce grand conflit sunnisme-chiisme, que le seul moyen de changer le monde est d'avoir une volonté politique assez forte -et elle ne peut être que celle
des nations européennes additionnant leur influence- l'Europe devrait être une bonne nouvelle pour les peuples.
Comment se fait-il qu'elle ait perdu ce statut ?
Elle a perdu ce statut en France et en Grande-Bretagne depuis longtemps. Peut-être, grâce aux LibDem, reconstruira-t-elle une autre forme d'adhésion. En tout cas c'est ce que je crois depuis
toujours. S'il doit y avoir un jour construction d'une… -je vais parler en latin pour trouver le mot juste- affectio societatis européenne, d'une volonté, d'un amour du vivre ensemble européen,
en Grande-Bretagne, c'est par les LibDem que cela passera et, rien que pour cela, notre amitié et notre alliance avec les LibDem est juste et mérite qu'on les félicite.
C’est perdu, ou égaré, en France, perdu en Grande-Bretagne, fragile partout ailleurs.
Nous étions hier avec des amis slovaques, tchèques. Ce que l'on ressent le plus souvent, c'est de l'euro-scepticisme et parfois même de l'euro-hostilité. Et il y aura naturellement des
conséquences de tout cela dans les résultats aléatoires du référendum irlandais, référendum qui est en cours, qui va avoir lieu jeudi.
On a fait la paix, cela paraissait impossible et c'est devenu possible ; puis on a fait le plus grand marché intérieur, une communauté démocratique, juridique ; on a fait une monnaie commune et
cette monnaie, en quelques années, est devenue une monnaie de référence pour la planète ; on a fait tout cela, on a même écrit « Union européenne » sur les passeports.
Et pourtant il y a là, comment dirais-je, un risque sur le résultat très important qui traduit qu'en fait après avoir eu cette incroyable construction, ce succès historique sans précédent les
peuples européens ne le reconnaissent plus comme leur affaire. Voilà les questions qui sont devant nous.
Il n'y aura de proposition politique réussie dans ces élections européennes, pour ceux qui aiment l'idée européenne, que si nous sommes dans une démarche de reconstruction profonde.
On ne peut plus se contenter de ce que l'on a vécu les années précédentes, lors des élections précédentes (j'ai conduit une liste et vous en avez conduit d'autres et, avant nous, on peut citer
évidemment des expériences antérieures). Nous ne pouvons plus nous contenter de l'invocation de l'idéal européen, de la défense de ce qui s'est fait. Bien sûr qu'il s'est fait quantité de choses
et bien sûr que Bruxelles n'est pas le diable que l'on croit, mais la question n'est pas celle de savoir ce que c'est mais ce que l'on ressent, et nous devons donc mettre devant nous les
questions qui ont fait que les peuples se sont éloignés de l'Union.
C'est à ces questions-là que je propose que nous apportions une réponse, si nous voulons aller au fond de la question et non pas nous contenter de "surfer" sur cette partie de l'opinion qui est
europhile. Car l'Europe ne doit pas être faite pour les europhiles mais pour tout le monde, pour les citoyens européens, y compris pour les citoyens français, y compris pour ceux des citoyens
français ayant les plus grandes interrogations, car il n'y a pas d'autre réponse possible à leurs angoisses. Encore faut-il que nous trouvions le chemin.
Je veux vous dire quatre des réponses à trouver et je vous avertis à l'avance que ces questions sont considérables, mais je n'arrêterai pas là l'exposé du défi formidable qui est devant nous.
Il y a quatre questions auxquelles il faut apporter une réponse.
La première est la nature de l'Union européenne, question qui a commandé le Non français au référendum.
Je ne suis pas de ceux qui ont pensé ou qui ont dit que le Non français au référendum ou le Non des Pays-Bas, la réponse irlandaise, que tout cela venait comme on disait à l'époque, non pas du
texte, mais du contexte.
Certains croyaient que c'était contre Chirac que l'on avait voté. Je n’ai jamais cru une seconde à cela. Je pense que les peuples répondent aux questions qu'on leur pose et c'était sur leur
incompréhension du projet européen que portaient en réalité leurs angoisses.
Quelle est la nature du projet européen ? Pour moi, le premier enjeu, c'est que nous défendions cette certitude : l'Europe, ce n'est pas d'abord un marché, c'est la défense de valeurs et d'un
projet de société, ce qui met au premier rang la question de la nature sociale du projet de société européen.
Je pense que nous avons, en Europe, quelques-uns des projets ou des standards sociaux les plus solidaires de la planète. Il faut qu'on le dise, qu'on le défende et qu'on l'affirme parce que,
excusez-moi de le dire, c'est pour cela que nous avons fait l'Europe. C'est pour que ce projet de société ne soit pas exposé et explosé par les dumping environnementaux et sociaux de toutes
natures.
Nous avons un projet à défendre et la nature de ce projet est sociale.
Deuxième réponse : cela veut donc dire, comme voie de conséquence, que la vocation des institutions européennes n'est pas de défendre la concurrence et encore la concurrence et exclusivement la
concurrence -rôle qui est le sien aujourd'hui- mais la nature des institutions européennes est de définir une politique partagée.
Pardonnez-moi de le dire… nous allons vivre dans les jours qui viennent, quelque chose qui est peut-être secondaire et sans importance, sans doute, mais à quoi je suis particulièrement sensible
car, en France, toute la filière du cheval repose sur cette organisation : nous allons, par directive européenne, ou par abaissement devant une directive européenne infondée, laissez entrer les
bookmakers sur le territoire du pari mutuel urbain, des jeux et enjeux de toute nature en France !
Excusez-moi de le dire comme, au fond, le plus proche héritier en ligne directe des pères fondateurs de l'Europe -indigne sans doute- mais le plus proche en ligne directe de Schuman jusqu'à nous,
sans qu'il y ait jamais de rupture : on n'a pas fait l'Europe pour les bookmakers !... Il devrait être de la nature du projet européen, au moins, de laisser les pays organiser comme ils le
veulent le régime des jeux chez eux…
Je pense que cela n'a rien à voir avec la nature de l'Europe, sauf si l'on considère que la nature de l'Europe est la concurrence et encore la concurrence, débat que nous devons avoir. Mais, pour
moi, l'Europe est un projet politique partagé, fondé sur des valeurs. C’était le deuxième point.
Troisième point, particulièrement sensible et pas seulement en France : l'Europe, ce n'est pas le nivellement des identités, c'est la défense des identités.
L'Europe, c'est la défense de la diversité et pas le rouleau compresseur. Et si l'on disait cela, nos amis britanniques auraient probablement de l'Europe une toute autre approche.
Si l'on comprenait que les identités ont droit de cité en Europe et que l'Europe est faite pour cela ! « Unis dans la diversité » dit la devise qui n'a pas été inscrite dans la constitution
européenne parce qu’il n'y a pas eu de constitution européenne. Cette diversité et cette défense des identités sont absolument précieuses.
Quatrièmement, l'Europe, ce n'est pas fait pour défendre la globalisation auprès des Européens, mais les Européens dans la globalisation !
On peut considérer la mondialisation comme une donnée. Un jour, quand nous aurons le temps, je vous proposerai de régler la différence entre mondialisation et globalisation.
On n'a pas le temps aujourd'hui, mais c'est un très grand sujet, car beaucoup de Français ressentent l'Union européenne comme décidant à leur place et sans qu'ils soient informés, au nom
d'impératifs qui viennent de la mondialisation et de la globalisation.
Voulons-nous regarder les choses en face ? Si nous regardons les choses en face, je suis obligé de dire que c'est un peu vrai, car il y a ici, dans le millier de personnes -plus de mille- qui
sont venues ce matin, quelques-uns parmi les experts les plus affûtés, les plus aigus, les plus talentueux, les plus expérimentés de la réalité institutionnelle et politique européenne.
En dehors des parlementaires européens qui sont à la tribune, si je m'adresse à vous et que je demande : en ce moment, de quoi est-on en train de discuter dans les instances politiques
européennes ? Quels sont les sujets débattus ? Quelles sont les idées qui se trouvent en confrontation ? Quels sont les mouvements de pensée et leur proposition sur ces sujets ? (silence).
Il n'y en a pas un parmi vous, parmi les mille, parmi les plus expérimentés, les plus brillants, les plus talentueux, qui savent le mieux, qui puisse dire de quoi on discute en ce moment au sein
des instances politiques de l'Union européenne !
Nous n'avons pas une démocratie ni même une amorce de démocratie quand les citoyens ne savent pas ce dont on discute en leur nom. Et quand j'ai défendu à toutes les étapes de ma vie politique,
une idée aussi absurde, ou en tout cas aussi ténue, que de publier dans les journaux le programme des délibérations des instances européennes pour que tout citoyen puisse savoir de quoi on parle,
et saisir ces parlementaires européens en leur demandant qu'ils portent une idée ou une conviction, j’avais conscience de servir la vraie démocratie et pas la démocratie formelle.
Il faut que l'Europe passe d'une démocratie formelle à une démocratie réelle. Si ce sont des gens qui discutent à votre place, sans que vous puissiez donner votre avis, même si vous les avez
élus, cela ne fait pas une démocratie, en tout cas pas au XXIe siècle où l'investissement personnel des citoyens a tant d'importance.
Voilà quatre questions. Il y en a sûrement d'autres, mais elles me permettent de dire que nous n'allons pas laisser l'Europe comme elle est, et notamment nous n'allons pas laisser l'Europe comme
elle est exposée aux craintes des citoyens. Ce que nous avons en charge, c'est de la repenser et de la reconstruire, en tout cas de proposer de la repenser et de la reconstruire, et de proposer
des pistes nouvelles dans ce dessein. C'était la première partie.
La dernière partie de cet exposé est encore plus lourde que ce que je viens de dire. Elle est encore plus lourde, pourquoi ? Parce que tout ce que nous avons à rebâtir, nous avons à le faire dans
le contexte de la plus grande crise que le monde, que l’Europe ait connue depuis des siècles, une crise à l'échelle du millénaire.
Je le dis en deux mots. Il y a un premier chapitre qui a été abordé de manière tout à fait remarquable ce matin : le chapitre démographique. Jamais, dans l'histoire des hommes, une puissance
vieillissante et riche n'a survécu lorsqu'elle était entourée de régions jeunes et pauvres. Cela ne s'est jamais produit.
Quand Valéry disait : « Nous autres, civilisations, savons aujourd'hui que nous sommes mortels. La mort des civilisations a toujours été sous cette forme : opulence, relâchement, vieillissement,
avec à côté, au sens propre, des morts de faim portant une autre vision, une autre idéologie, souvent une autre religion ».
Ceci est une question européenne et vous voyez que déjà cela fait un pan de crise nouvelle.
Nous allons être le continent le plus vieux, si nous n'y prenons garde.
Il y a une énorme réflexion à conduire. D'abord pour que chacun des âges trouve sa place dans le projet de société européen et ensuite pour qu'il y ait une reviviscence. C'était tout à fait vrai
ce que disait Gérard Deprez, à savoir que bien entendu, il y a l'immigration, mais il n'existe pas non plus de peuples qui reçoivent des populations venues de l'extérieur, en nombre, sans se
trouver profondément déstabilisées dans leur manière d'être.
La xénophobie, très souvent, c’est le déséquilibre. Et il ne suffit pas de répondre que l'on va rééquilibrer par des migrants, il faut encore que nous pensions aux conséquences qui sont celles
des migrations en termes de déséquilibre de la société.
Je l’ai souvent expliqué en prenant l'exemple mahorais -tout à l'heure notre député de Mayotte était là- il y a des vagues de rejet de l'immigration clandestine comorienne à Mayotte. Et ce n'est
pas une question de race : ce sont les mêmes familles, pas seulement les mêmes ethnies, mais les mêmes familles… Même chose en Guadeloupe avec les Haïtiens.
Ce sont des questions d'équilibre et un chef d'Etat, un homme d'Etat, un militant qui veut être dans la vraie pensée politique ne peut pas penser uniquement en termes de production et de
consommation, en termes quantitatifs, et l’on va remplacer les uns par les autres. Parce qu’à ce moment-là vous avez des tremblements de terre et de l'extrémisme, comme en Italie temps-ci.
Il faut penser à cet équilibre. Démographie.
Mais, deuxièmement, il y a plus grave et plus important.
Si vous tenez des journaux intimes, si vous avez un agenda, cochez l’année 2008 : c'est l'entrée dans un monde nouveau parce que comme cela a été dit ce matin à plusieurs reprises, c'est l'entrée
dans un temps que nous n'avons pas connu en Occident et sur la planète depuis deux siècles. C'est l'entrée -ou le passage- du monde de l'énergie abondante et bon marché au monde de l'énergie rare
et chère. Et l'énergie, mes chers amis, ce n'est pas seulement l’essence où le gasoil que vous mettez dans le réservoir de la voiture et dont le coût est pourtant douloureusement ressenti à la
fin du mois… L'énergie, c'est tout le reste.
On a très clairement expliqué que c'était les transports, l'agriculture, car les engrais eux aussi viennent de cette matière première. L'énergie, c'est dans toutes les activités humaines sans
aucune exception, ce qui fait que nous entrons dans un temps radicalement nouveau et il n'existe pas de substitution. Toutes les sources d'énergie sont en fait indexées les unes sur les autres.
Le gaz est indexé sur le pétrole. On va s'apercevoir que si on augmente le nombre des centrales nucléaires, c'est l'uranium qui devient de plus en plus rare et cher. On va s'apercevoir que le
charbon ou les schistes bitumineux font des dégâts écologiques très importants.
Bref on a devant nous une question énergétique majeure qui va changer notre mode de vie et nos projets de société.
Si le gouvernement actuel s'était rendu compte de cela, au lieu de faire une loi de modernisation économique pour les super et les hypermarchés, il aurait réfléchi à un autre équilibre du
commerce, parce qu’il faut faire quatre fois plus de kilomètres en voiture pour aller dans ces magasins que pour aller aux commerces de proximité. On multiplie les courses faites à l'hypermarché
dans la périphérie urbaine, avec d'immenses parkings de milliers de voitures, autour desquels on ouvre même des cinémas. Et comme maintenant on aura la liberté d'installation des surfaces, pour
un grand nombre, on va évidemment accroître le coût des courses.
J'ajoute que je ne suis pas absolument persuadé que la question du prix soit la seule, car il arrive -réflexion d'un autre ordre- que l'on fasse faire acheter à de pauvres gens des choses dont
ils n'ont pas besoin en leur expliquant que c'est moins cher qu'ailleurs.
Là aussi il y a une question qui tient à la société de consommation, mais en tout cas du point de vue de l'énergie, l'inspiration de la loi de modernisation économique passe à côté de ce
changement de mode de vie que nous allons devoir vivre.
Nous ne sommes qu'au début de cette extraordinaire histoire que nous allons vivre ensemble, l'histoire de l'énergie rare et chère porte sur tout le monde et en particulier sur le Tiers monde.
L'énergie rare et chère, cela change en profondeur les modes de vie.
Je réfléchissais pendant l'échange vif de ce débat sur le protectionnisme ou le libre-échange, et je me disais que c'était peut-être un débat d'hier. Car si comme je le crois, le renchérissement
du carburant fait que le transport -et notamment aérien- devient trois ou quatre fois plus cher qu'il ne l'est aujourd'hui, alors il y a un petit espoir d'assister non pas à des délocalisations
accentuées mais à des relocalisations. Et peut-être que la protection se fera d'elle-même. Mais évidemment cela veut dire que tout va changer et notamment tout va changer pour les pauvres dont on
voit bien, avec le coût du carburant à la pompe, les structures de vie, d'organisation de la vie, de la consommation, qu’ils sont infiniment plus fragiles à des réponses de cet ordre.
Si je ne me trompe pas et que ce que je dis est fondé, peut-être que l'on découvrira demain matin l'hydrogène et que tout sera réglé, mais je ne le crois pas vraiment. Il n'y aura pas de
nouvelles sources d'énergie disponibles que les économies d'énergie.
Le temps de l'énergie rare et chère est un bouleversement extraordinaire dans la vie de nos communautés et de nos peuples et de chacune des familles.
Quand il y a des bouleversements extraordinaires, il y a inquiétude et angoisse. Quand il y a inquiétude et angoisse, les menaces portent sur deux choses : la paix civile et la démocratie. Parce
que lorsque les peuples ont peur ils cherchent un bouc émissaire, et quand les peuples ont peur, ils cherchent un dictateur.
C'est comme cela dans l'histoire des peuples depuis longtemps.
Nous devons avoir présent à l'esprit qu'il y a là des risques que nous devons conjurer en prenant grand soin de nos institutions.
Voilà pourquoi le débat institutionnel est très important. Des institutions solides qui permettent des consensus au lieu de favoriser des affrontements, des institutions solides qui obligent à
prendre en compte les sensibilités différentes d'un peuple pour que chacun trouve sa place et que l'on fasse plutôt la paix, sous forme métaphorique, que la guerre, sous forme métaphorique, au
sein du Parlement.
Nous avons des institutions qui favorisent l'affrontement frontal en France. Le Parlement européen, lui, favorise le dialogue et les consensus, et cela marche, curieusement.
Tant que vous avez des institutions qui favorisent les affrontements, vous avez des risques de déchirure du tissu social et national. Si le mot révolution a jamais eu un sens, vous êtes, nous
sommes devant une révolution.
L'énergie rare est chère, à la place de l'énergie bon marché et abondante, cela oblige à tout changer. Et comme de toute manière les impératifs climatiques obligent aussi à tout changer,
c'est une révolution absolument inéluctable.
Troisièmement et j'aurai fini, il y a là-dedans une immense dimension de déséquilibre du monde.
J'ai commencé avec le conflit chiites/sunnites. Et tout ce que nous avons entendu ce matin avec Marcel Mazoyer sur la misère des paysans du monde, ceux qui ont faim dans le monde, ce sont les
paysans, pauvres, et vous mesurez ce qu'il y a comme capacité explosive là-dedans. Et ce que nous avons entendu sur la corruption, avec Eva Joly, c'est très exactement la traduction de ces
désordres-là et, enfin, la rémanence du colonialisme dans le monde.
Le colonialisme, on croyait que cela appartenait au passé, cela appartient au présent.
Quand j'étais -il y a très longtemps- au lycée, je me souviens très bien en seconde du cours que notre professeur d'histoire et de géographie nous faisait. Il expliquait le colonialisme en disant
: c'est très facile, on va chercher des matières premières dans les pays colonisés, on les rapatrie dans les pays colonisateurs et on leur revend des produits manufacturés. Moi, je croyais que
c'était fini !... L'élève que j'étais et qui écoutait cela croyait que cela appartenait à un temps révolu.
Mes chers amis, tout ce que nous avons entendu ce matin sur le pillage du Tiers-monde, pas seulement par l'Occident mais avec la complicité active de ceux qui sont parfois aux postes de
responsabilité dans la société du Tiers-monde, cela aussi a une capacité explosive extraordinaire.
Alors voilà : démographie, crise d'énergie, changement climatique et déséquilibres internationaux. Voilà le programme pour l'Europe. Si l'Europe n'existe pas, aucune de ces immenses crises, de
ces crises à la dimension du millénaire ne pourra trouver un début de réponse.
Il nous revient de penser une Europe nouvelle et de la faire aimer.
Je vous remercie."
http://www.udf-gagny.org/article-20133179.htmlREFORME CONSTITUTIONNELLE2008-06-03T14:30:11Z2008-06-03T14:25:00ZMoDemhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-29873.html3 juin 2008
François Bayrou votera contre la
réforme des institutions
Invité de Christophe Barbier sur LCI mardi 3 juin, François Bayrou annonce son intention de voter contre la réforme des institutions lors du vote prévu à
l'Assemblée nationale dans l'après-midi. Retrouvez l'intégralité de la discussion ...
Christophe Barbier : François Bayrou, bonjour.
François bayrou : Bonjour.
CB : L'Assemblée nationale vote aujourd'hui en première lecture la Réforme des institutions, voterez-vous oui? voterez-vous non? vous abstiendrez-vous ?
FB : je voterai non , parce que ce texte ne touche pas l'essentiel, et l'essentiel, comme vous le savez, vous en êtes le témoin tous les jours, c'est la soumission du Parlement à
l'égard de l'exécutif et du président de la République.
CB : Tout de même : maîtrise de l'ordre du jour, confirmation du contrôle ...
FB : Tant que vous ne touchez pas au cordon ombilical qui relie les députés au président de la République, cela a été rappelé encore par un ministre ce week-end, qui a dit :
« n'oubliez jamais que c'est parce que vous avez été investi par Nicolas Sarkozy que vous êtes élu », ce qui est évident, .. tant que vous ne toucherez pas à cela, autrement dit, que
vous ne mettrez pas une loi électorale plus juste qui permettra aux députés où à une partie d'entre eux de devoir leur mandat, non pas au président de la République, ni au principal parti de
l'opposition, mais au peuple, parce qu'ils en représenteront les opinions importantes, tant que vous n'aurez pas fait ça, vous n'aurez rien fait. Et même, on va un peu en arrière, par exemple, on
a introduit une idée, une idée qui pourrait être intéressante, le référendum d'initiative populaire. Cela a des défauts, des qualités, mais ça pourrait être une idée. Mais, on soumet ce
référendum, non seulement aux quatre millions huit cent mille signatures – excusez-moi du peu- qu'il faut pour l'organiser ...
CB : 10 % de l'électorat
FB : ... mais encore , au fait que cela soit signé d'abord par 184 députés et sénateurs, autrement dit on le donne uniquement au parti majoritaire et au principal parti de
l'opposition, ce qui veut dire qu'on fait un pas vers une bipolarisation accentuée, et ceci accentuera les problèmes des institutions françaises et ne les corrigera pas.
CB : L'équilibre du budget de la nation, du budget de fonctionnement, en revanche, va rentrer dans la Constitution, ça c'est ce que vous réclamiez... vous devriez être content
?
FB : Pas du tout. J'aurais été ravi que ça rentre dans la Constitution? j'ai même voté pour naturellement en séance, mais cela n'a pas été retenu. Ce qui est retenu, c'est l'idée
que on va pouvoir présenter des lois pluri-annuelles dans un objectif d'équilibre. Si vous rencontrez un ministre des finances depuis 20 ans qui n'ait pas eu l'objectif de l'équilibre, ....
évidemment tout ceci ce sont des paroles verbales et rien de sérieux.
CB : Vous déplorez que les Assemblées ne puisse répondre au président quant le président viendra en Congrès s'adresser à elles, mais c'est plutôt préserver la séparation des
pouvoirs ..
FB : Enfin, vous voulez rire ... Si le président de la République considère que députés et sénateurs, Parlement, sont assez importants pour venir s'adresser à eux comme
représentants de la nation, au moins doit-il avoir la pudeur et le respect d'entendre ce que députés et sénateurs ont à lui dire. Qu'est-ce que cela veut dire : convoquer ainsi les représentants
de la nation pour s'adresser à ceux sans accepter qu'ils répondent. Et donc pour moi, c'est une marque de plus du mépris dans lequel on tient, en France, la représentation
nationale.
CB : Si le texte n'évolue pas dans la suite des débats, lors du Congrès qui sera sans doute tenu le 21 juillet à Versailles, le Mouvement Démocrate votera-t-il oui? votera-t-il
non ? ou bien laissera-t-il faire, simplement pour prendre les petites avancées et renvoyer à plus tard une vraie réforme des institutions?
FB : Vous savez, chez nous, la liberté de vote est la règle. Mais en tout cas, moi je voterai non, et beaucoup de mes amis aussi.
CB : Et vous n'avez pas peur de perdre les quelques avancées au profit du Parlement qui sont tout de même dans ce texte ?
FB : Je ne participe pas à des opérations d'intox, à des opérations qui sont des leurres pour faire croire qu'on fait quelque chose alors qu'on ne fait rien. Le problème de la
Vème république et des institutions, il est parfaitement identifié par tout le monde. C'est que le Parlement n'existe pas en face du président de la République. Il faut lui donner de l'existence,
et tant qu'on ne touche pas à l'origine, à sa légitimité électorale, on ne touche à rien.
CB : Xavier Bertrand est-il dans le leurre ou dans la réalité de la réforme, quand il veut profiter du débat sur la représentativité des syndicats pour réformer de fond en comble
et assouplir considérablement les 35 heures ?
FB : C'est une décision extrêmement grave. Et, ça n'est pas tant parce qu'elle porte sur les 35 heures... On aurait pu adopter une autre démarche pour les 35 heures que celle qui
a été choisie. Mais, c'est parce qu'on a dit aux syndicats et à l'ensemble des partenaires sociaux, représentants des entreprises aussi bien que des salariés, .. on leur a dit : « Ecoutez,
si vous arrivez à un accord satisfaisant, cet accord là , nous le soutiendrons, et il deviendra la loi.» Et ils ont de bonne foi, fait un pas, qui est un pas important et notable, dans le
sens d'un assouplissement. Et puis, une fois qu'ils ont fait ce pas-là, à ce moment là, on les piège, et on dit : « Maintenant, vous avez fait le pas, vous avez mis le petit doigt dans la
mécanique et on va y passer le bras. » C'est quelque chose qui est, qui restera, à mon sens, comme une des erreurs principales de ces 12 ou 13 mois de nouvelle législature. C'est une faute,
parce que c'est une faute contre la confiance. Les syndicats avaient fait un pas très important, avaient fait un effort sur eux-même; on les piège, et vous verrez que de cela il sortira quelque
chose, à mon sens, de malsain.
CB : Etes-vous d'accord avec Jean-Pierre Raffarin, quand il dit qu'il faut tout de suite rétablir des relations de confiance avec la CFDT; c'est d'elle dont on a besoin pour
réformer le pays.
FB : Bien là , en l'occurrence, CFDT et CGT avaient toutes deux fait des pas. Et il y a des explications, mais il est trop tard pour y entrer, ..
CB : C'était pour de bonnes raisons tout cela, parce qu'au fond on va donner aux entreprises le droit de gérer le temps de travail dans l'entreprise ...
FB : .. Est-ce que vous vous rendez compte, le sentiment de frustration et l'espèce de rupture de confiance qu'il y a. Même la présidente du MEDEF est montée au créneau pour
dire : « attention, vous êtes en train de faire une mauvaise action. Toucher à cet accord, c'est rompre la dynamique qui s'était mise ne place » et qui faisait qu'enfin les
partenaires sociaux avaient – comment dirais-je – le sentiment de responsabilité, qui faisait qu'ils avançaient dans le sens d'un assouplissement lorsqu'il le fallait. Au lieu d'être constamment
crispés sur les acquis, ils allaient de l'avant. C'est cela qu'on est en train de briser, et je vous assure que c'est probablement un moment de tournant, de bascule grave, dont il sortira, à mon
sens, des choses qui ne sont pas favorables pour la société française.
CB : La loi sur la modernisation économique, en débat depuis hier à l'Assemblée, prévoit l'installation plus facile de grandes surfaces sur le territoire, notamment pour
que la concurrence fasse baisser les prix. Le Mouvement Démocrate, le MoDem, soutient -il cette initiative ?
FB : La question principale, c'est le monopole , ou le presque monopole, qui existe pour 5 grandes centrales d'achat, qui vont avoir des moyens renforcés, une
puissance renforcée, pour tordre le bras, pour faire le bras de fer avec leurs fournisseurs, que ce soit agricoles ou industriels...
CB : 5 centrales d'achat, ce n'est pas un monopole, c'est déjà une concurrence, si on les met sur un même territoire, elles se feront une concurrence saine ..
FB : Non, vous savez bien que aujourd'hui, il y a un déséquilibre complet entre les centrales d'achat des grandes surfaces et ceux qui sont leurs fournisseurs, avec le moyen de
les obliger à des bakchichs, à des contributions de toutes natures. Et c'est pourquoi, moi, ce que j'attends, c'est qu'il y ait une haute autorité de la concurrence efficace, pas seulement une
apparence, efficace pour briser ces ententes.
CB : L'annulation du mariage pour cause de mensonge de l'épouse sur sa virginité à Lille, fait donc l'objet d'un appel de la part du Parquet. Etait-il bien d'annuler ce mariage
pour protéger cette jeune femme ? ou était-ce au contraire une concession trop forte à la morale ou à la religion ?
FB : Comme vous savez, je suis un croyant laïc. Et donc, moi j'ai une idée absolument certaine de ce point de vue là qui est qu'il ne faut jamais mélanger la loi religieuse et la
loi civile. Que ce sont deux choses distinctes. Cela dit, j'ai lu que la jeune femme était elle-même demanderesse de cette dissolution pour que cela soit derrière elle et qu'elle n'ait plus ce
poids sur la tête . Donc, ça c'est au juge d'apprécier, et on va voir en appel ce qu'il en est.
CB : Simplifier le lycée en réformant les filières, l'idée de Nicolas Sarkozy pour diminuer le poids des sciences et moderniser le bac est-elle bonne ?
FB : C'est la , combien , vingtième fois qu'on annonce le rééquilibrage des filières ... on l'a fait .. je veux rappeler que du temps où j'étais ministre de l'éducation
nationale, on a , en quelques années, rééquilibré beaucoup les filières entre enseignement scientifique, enseignement littéraire, enseignement économique et social dans le lycée général et avec
le lycée professionnel. Donc cela a pu se faire; je sais une chose, c'est que si on ne concerte pas avec ceux qui seront chargés d'appliquer la réforme, on va vers des déboires importants. Ca
n'est pas au sommet que un président tout seul, sans gouvernement, vous avez vu que François Fillon est totalement effacé dans ces affaires, qu'un président tout seul peut décider de l'avenir de
l'organisation du lycée. Et donc, je suis pour que l'on demande à ceux qui font, qui sont sur le terrain, qui ont la charge d'appliquer ces réformes, leur sentiment, et si on veut individualiser,
cela ne se fera pas sans moyens.
CB : Pas d'augmentation de la redevance pour financer l'audiovisuel public. Nicolas Sarkozy a tranché. Vous l'approuvez ?
FB : Sur ce point , oui. J'ai toujours été contre l'augmentation de la redevance, mais je n'étais pas pour supprimer la publicité sur les chaînes publiques. Qu'est-ce qu'on est
en train de faire ? Un cadeau très important aux chaînes privées, et vous voyez que deux décisions sont à mettre en rapport : la première c'est , suppression de la publicité sur les chaînes
publiques, qui d'ors et déjà a fait un trou de trois ou quatre cent millions d'euros dans le budget de ces chaînes, - comment va-t-on le payer ?- et deuxièmement, la deuxième coupure
publicitaire dans les films, qui est évidemment le moyen de pouvoir enfin mettre sur la grille des programmes cette manne qui va se produire. c'est donc un choix qui privilégie les télévisions
privées pour leur apporter plus de manne publicitaire. Et ceci est d'une parfaite transparence.
CB : Pierre Moscovici vous tend la main : « Discutons avec François Bayrou ». Vous êtes prêt à la saisir cette main ?
FB : Un jour, de toute façon, il sera nécessaire qu'il y ait en France un nouvel équilibre politique, parce que, il faudra , une fois qu'on sera au bout de cette expérience qui
est en cours, regarder de quelle manière on peut proposer aux Français autre chose ...
CB : et ça passera par un rapprochement PS-MoDem ?
FB : Je suis un constructeur. Je veux que ces choses-là bougent et changent, et donc, pour ma part, je suis dans une attitude positive à l'égard de tous ceux qui souhaitent qu'un
jour les lignes bougent en France.
CB : Un constructeur ... un exilé, dit Sarkozy. Il l'a dit à ses militants : « J'ai exilé François Bayrou à Pau ». Vous êtes discret depuis les municipales.
FB : Oui, ... l'idée qu'on puisse être discret est en effet pour beaucoup, et pour le président de la République, une étrangeté. Moi je pense qu'il y a des moments où ce
n'est pas la peine, en effet, de s'exhiber ou de passer tout le temps sur les plateaux et sous vos projecteurs. Je pense qu'il est nécessaire parfois d'attendre que les choses deviennent
manifestes et claires. C'est dans cette période que je suis, mais il est vrai que maintenant, il va falloir s'exprimer parce que les choses prennent une tournure inquiétante.
CB : François Bayrou, merci et bonne journée.